le petit monde québécois d'aurélie

tout a commencé le 21 octobre 2005

l’école des aux revoirs… 20 juillet 2007

Filed under: blog — Aurélie @ 14:56
Le premier retour en france, c’est fait, un mois à revoir les lieux, les personnes qui ont fait ma vie jusqu’à ce 21 octobre 2005… 1 mois loin de cette nouvelle vie, 1 mois pour peut être savoir si c’est vraiment cela que je veux
 
Un mois qui a passé à une vitesse folle, et à la fois je n’ai pas l’impression d’avoir loupé ces rendez-vous, ces moments. Je ne regrette pas de l’avoir programmé, l’avoir découpé en semaines… sinon j’aurai couru après le temps. J’ai fais, vus ce que je voulais, ce qui me manquai, ce dont j’avais si besoin… beaucoup de ceux là attendent ici de lire le bilan de ce voyage… eh oui je vous connais !!!
 
Alors si bilan il y a, il est plus que positif. Non seulement vous revoir a été un bonheur sans nom, une totale évidence, comme si on s’était dit en revoir hier, le temps ne semble pas avoir d’effet sur notre lien, les éventuelles incompréhensions ont été résolues il me semble…voila simple, serein, agréable… je sais encore plus pourquoi je vous aime.
Positif aussi parce que même si la mélancolie du retour me prend par moments (ne pas en ressentir serait curieux), elle n’est pas profonde, pas teintée de regrets, elle est le résultat de notre éloignement, de cette fatalité : il est difficile de se voir autant qu’on le voudrait.
Je me suis fais la reflexion hier : La bàs, en France, tout ressemble à chez moi, c’était mes repères, mes habitudes, mon histoire, mon pays. Malgré cela je n’y ai aucun territoire à moi, aucun lieu ou je puisse me refugier, m’enfermer, me cacher, comme dans une grotte douillette, pas de maison, pas de home sweet home. Alors qu’ici c’est un peu l’inverse, tout ce qui est autour m’est étranger (même encore après 2 ans), non familier, rien ne m’est vraiment connu, peu de choses me rappellent une histoire, pourtant c’est ici que j’ai ma tannière, mon antre, mon chez moi….
Je ne sais si vous me comprenez, mais pour moi la difficulté du retour c’est ce choc là : être chez soi quand autour de soi on ne l’est pas… alors que pendant un mois on aurait pu croire l’être, mais rien n’était vraiment chez vous.
 
L’immigration c’est l’école des au revoirs, de la séparation. Faut savoir se dire au revoir, savoir se séparer, savoir voir un train, une voiture qui s’éloigne, un dos qui se tourne, une main qui salue, un sourire qu’on pince fort pour ne pas pleurer.
Ces moments où on se dit voilà c’est ça le prix à payer quand on est loin, c’est cette déchirure à quitter les bras de l’autre, le cou tout doux de son neveu. C’est ce prix là qu’on fait payer, savoir que quand on a disparu du regard, l’autre pleure, se rappelle et regarde autour de lui sans envie, rempli du manque et de ces objets qui trainent, qu’on ne veut pas bouger pour que ça se prolonge un peu.
 
C’est ça que ça coute l’immigration, c’est ça que ça demande, c’est ça que ça exige… et c’est bien cela le plus difficile. Un mois comme celui-ci c’est une succession de ces instants là, c’est combien de larmes ravalées, de sourire les yeux rougis, de calins où l’on se ert fort, des mots d’amour qu’on se murmure à l’oreille, des visages qu’on regarde intensément pour les imprimer, se souvenir de chaques traits, des belles résolutions qu’on se donne et qui s’éffilocheront avec le temps telles qu’elles l’ont déjà fait.
 
Un retour d’immigration c’est de l’émotion tout au long de la journée, pour un yaourt qu’on regarde, un sac qu’on retrouve, un parking dont on se souviens, un nom qui nous manque, une histoire qu’on pensait oubliée… dans le coeur, là tout au fond un sourire s’imprime, un chagrin vous soulève… tout peut avoir du sens, tout le temps, on est un extraterreste au milieu des autres qui ne vivent pas cela, n’imagine pas le bordel émmotionnel en vous.
Un séjour d’immigration c’est une richesse d’instants, chaque vision s’imprime dans votre mémoire, vous êtes une éponge à impressions, en alerte, en emerveillement, en surprise. Ca vit, ca vibre, ca sourit, ca pleure, tout votre lac intérieur est en mouvement, mais votre ciel reste bleu, parce qu’au fond tout cela est si bon à vivre, c’est un très grand privilège de regarder le monde avec ces yeux là, de laisser entrer chauqe émotion, d’acepter de se faire bousculer à tout instant, ne plus contrôler, se laisser porter par le ici, maintenant. Ici, maintenant, entre 2 retrouvailles, 2 arrivées, 2 départs, dans une vie entre parenthèse.
 
J’ai rencontré mon neveu Corentin, ca y’est lui et on moi on se connait. Plus d’une semaine avec lui, de jolis moments, un amour inconditionnel, puissant. L’évidence, je serais toujours là pour lui, il est aussi mon sang. Je l’aime, il va bien, il va grandir, continuer sa vie loin de moi. Dans ces brefs instants ces éternelles questions qui passent " A quoi ça sert tout ça ? pourquoi vivre si loin d’eux, pourquoi se priver d’eux, est ce que ca en vaut la peine, si eux ou moi on partait demain, aurai-je des regrets … ? "  puis ça passe, parce que dans le fond on sait… on sait que notre choix n’est pas parfait, on sait qu’il n’est pas sans prix à payer et à faire payer, mais on sait aussi que ce choix c’est poutant le meilleur parmi tout ceux qu’on avaient.
 
merci à vous…
 
à toi L…
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